samedi 2 avril 2011

Après Fillon, Rocard

Il y a des gens qui collectionnent les timbres, d'autres les autographes des joueurs de foot, moi, c'est les premiers ministres...  Un mois après avoir vu François Fillon, j'ai eu la chance de rencontrer, cette fois-ci de manière un peu moins rapide, Michel Rocard.
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La semaine dernière se réunissait à Abu Dhabi le think tank (Re)Sources. Un think tank, c'est un groupe de gens hauts placés et d'experts qui se réunissent régulièrement pour émettre des recommandations à destination des politiques et des décideurs, dans le but de les influencer.
Le think tank Re(Sources) est financé par Véolia, et s'occupe des problématiques liées à l'eau. Et il se réunissait à Abu Dhabi pour 2 jours.
 
Le séminaire était co-organisé par EDF (Véolia et EDF étant des entreprises très proches), et à ce titre, nous avons été contactés à Abu Dhabi pour organiser une visite. Puisque je me suis occupé de l'organisation, j'ai été grâcieusement convié à ce séminaire (c'est à dire conférences + restaurants, le temps de faire connaissance et d'avoir des vrais débats avec les participants).
Parmi les participants au séminaire, on trouve pêle mêle le directeur stratégique de Véolia, Michel Rocard, le directeur de la division hydraulique d'EDF, le président de Solidarités Internationales, le président du Conseil Mondial de l'Eau (ONU), un membre de la banque mondiale, et un bon paquet de journalistes (Valeurs Actuelles, Bloomberg, 20 minutes, RFI...). En tout une quarantaine de personnes, invitées à débattre et discuter pendant 2 jours des problématiques liées à l'eau et de l'énergie.
 
(Sur la photo, vous avez de droite à gauche le directeur de l'hydraulique à EDF, la directrice du pôle Accès à l'Energie, mon patron, directeur d'EDF - CIST aux Emirats, et moi). 

Autant vous dire qu'au milieu de tout ça, je fais largement figure de gamin, et que j'ouvre des oreilles émerveillées en suivant les débats. Et les débats volent haut. Rocard a beau être devenu sourd comme un pot avec l'âge, il n'a rien perdu de sa vivacité d'esprit, spécialement quand il s'agit de tailler des croupières à la banque mondiale (peu appréciée dans le milieu professionnel, apparemment).
 
Ce qu'il ressort de ces deux jours, c'est que l'eau et l'énergie sont très étroitement liés. Il n'y a pas d'eau propre sans énergie, et pas d'énergie sans eau. Et l'énergie comme l'eau sont les deux éléments indispensables à tout développement économique (ajoutez l'éducation, et vous avez le cocktail gagnant). Pour les pays du Tiers-Monde, ce sont ces éléments qui permettront aux populations de vivre, et de sortir de la misère.
Les solutions existent. Le seul blocage est d'ordre politique et économique, d'où la nécessité d'une croissance économique durable dans les pays du Tiers-Monde. Dans ce tableau, les pays développés ont un rôle très important à jouer : celui d'investisseurs. Eux seuls ont les fonds et le savoir-faire suffisants pour créer les conditions propices au développement des pays du Sud. Mais depuis 2009 et la crise, les financements en provenance du Nord ont dramatiquement baissé... Comme quoi, ce sont encore une fois les plus pauvres qui ramassent les pots cassés.
 
Ce qu'il ressort aussi, c'est que le pic pétrolier (aussi appelé pic de Hubbert) tant annoncé n'arrivera pas. On entend souvent que le début de la fin du pétrole est annoncé pour la décénie à venir, ou dans un futur proche ; c'est faux. Malheureusement pour l'environnement, le pétrole a encore de très très beaux jours devant lui, et le modèle souvent avancé par les journalistes (parce que simple et facilement compréhensible) est trop simpliste pour coller à la réalité.
Ce qu'il ressort enfin, c'est que les journalistes n'écrivent bien que ce qu'ils ont envie, et surtout que ce qui fait vendre (donc, ce qui est dramatique). Ils préfèrent entendre qu'on va droit dans le mur et que le pétrole va disparaître très rapidement, plutôt que d'entendre qu'on en a encore pour plusieurs longues décennies, que les solutions existent, et que la transition se fera en douceur. Ah, les journalistes...
 
Pour moi, ces deux jours furent la découverte d'un monde à part : celui des politiques, des ONG, des décideurs, suivis en permanence par les médias. Un monde fascinant, où les enjeux sont énormes, et où faire bouger les choses peut prendre des années. Un monde qui décide aussi où va le monde...

mercredi 30 mars 2011

Des chiffres pas si arabes que ça

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On nous enseigne à l'école que nous utilisons les chiffres arabes ; ce n'est pas exactement la vérité. 

Les chiffres arabes, utilisés depuis le Moyen-âge, sont ceux que vous voyez sur l'image. Ils sont certes proches des chiffres que nous utilisons aujourd'hui, pas ce ne sont pas les mêmes.

 

Les chiffres tels que nous les utilisons aujourd'hui ont été inventés en Inde. Les Indiens (pas ceux avec les plumes et tout le tralala, mais plutôt ceux qui font du poulet tandoori) ayant des contacts réguliers avec les Arabes, ils en ont profité pour leur refiler leurs chiffres.

Ces derniers les ont trouvé rudement pratiques : ils les ont un peu modifiés et les ont répandus dans tout le monde musulman, qui au Xe siècle, s'étendait jusqu'en Espagne. Cause ou effet, les mathématiciens arabes étaient à l'époque très en avance sur les mathématiciens européens. Et si les noms de cette époque que l'on retient aujourd'hui sonnent italien, français ou espagnols, c'est parce que ceux-ci sont allé étudier au Maghreb auprès des scientifiques arabes.

 

A l'époque, en Europe, on utilisait les chiffres romains. Mais il faut bien reconnaître que ce n'était pas très pratique.

Le zéro n'existait pas, ça faisait des écritures à rallonge, et les calculs étaient malaisés. Les chiffres indiens, appelés chiffres arabes pour l'occasion, se sont répandus comme une traînée de poudre à travers l'Europe, portés notamment par un certain Fibonacci, grand mathématicien (qui a étudié en Algérie) qui avait bien compris l'intérêt du zéro : ça permet enfin de noter ses élèves correctement, et de mettre quelque chose de cohérent sur les yaourts 0%, tout le monde s'y retrouve.

Ils ont un peu évolué au cours de l'histoire pour donner ce que nous connaissons aujourd'hui.

 

Si les chiffres sont indiens, nous avons quand même réellement emprunté quelque chose aux Arabes. En arabe, zéro se dit Sifr, qui a donné en français.... le mot chiffre.

vendredi 25 mars 2011

Toujours plus haut dans l'imposture

Vous vous souvenez sans doute de l'article "Du luxe pour le Luxembourg"...

Ah, à l'époque, je n'en étais qu'à mes débuts. Depuis, l'Emirates Palace est devenu un endroit presque familier. Au fur et à mesure des couchsurfers, amis et parents qui se succèdent à Abu Dhabi, la visite de l'hôtel de luxe est devenu une routine.

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Ces visites répétées m'ont permis de repérer un petite porte (enfin, petite, à l'échelle de l'Emirates Palace, ça vous fait quand même une porte de 3 mètres de large sur 5 mètres de haut), qui mène à un restaurant, puis un couloir qui emmène aux salles de conférence. De là, on peut accéder aux chambres, et donc aux jardins.

Alors, ce n'est sûrement pas le seul moyen, mais c'en est un. Sinon, aux entrée conventionnelles, on trouve du personnel de l'hôtel qui vous demande poliment mais fermement quel est votre numéro de chambre. Ce personnel ayant accès à la base de données de l'hôtel, il est difficile de bluffer.

 

Mais une fois rentré dans les chambres, c'est une autre histoire. On est censés être des clients, donc plus de contrôles. C'est ce qui m'a permis d'envisager mon dernier but : la piscine de l'Emirates Palace.


Pour rappel, la piscine est composée d'un circuit avec courant, de toboggans, cascades, et jets massants (en photo, la partie circuit à courants).

Le coup ayant été bien préparé, cela n'a posé aucun problème. J'ai même pu profiter des serviettes de l'hôtel et repartir comme si de rien n'était, l'esprit tranquille et la satisfaction du devoir accompli.

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samedi 19 mars 2011

Un p'tit verre avec François

Il y a à peine plus de deux semaines, François était de passage aux Emirats arabes unis. Je parle de François Fillon, naturellement
 
Il passait à Abu Dhabi pour l'inauguration officielle des nouveaux locaux de l'Univeristé de la Sorbonne aux Emirats arabes unis, après un voyage de trois jours et demi chez nos voisins Saoudiens.
 
Il est intéressant, au passage, de voir l'intérêt très fort que la France porte à l'Arabie Saoudite, en comparaison des Emirats. Certes, l'Arabie Saoudite a beaucoup d'argent, mais c'est aussi un pays où l'argent est très mal réparti, où le dirigeant concentre tous les pouvoirs sans être vraiment à l'écoute de sa population... Et on veut leur vendre de l'armement. Ca vous rappelle quelque chose ?
C'est également un pays où les femmes ne sont pas du tout les égales des hommes, où elles sont obligées de se voiler en toutes circonstances, n'ont pas le droit de sortir sans un tuteur, pas le droit de conduire, où elles sont lapidées lorsqu'elles commettent un adultère, et la liste est longue. J'avais cru entendre, en plein débat sur le voile, notre président déclarer qu'il n'aurait jamais d'accord avec un pays qui obligeait ses ressortissantes à porter le voile. Mais j'ai du rêver.
Tout ça pour dire que les Emirats, qui n'aiment pas trop leurs voisins saoudiens, étaient un peu vexés qu'on ne leur consacre qu'une demi-journée après en avoir passé 3 à Riyadh. Mais je m'égare...
 
francois-et-valerie.jpgFrançois était donc de passage à Abu Dhabi. Et figurez-vous qu'il avait oublié de m'inviter à son pot de départ. 
J'ai donc du m'y inviter tout seul : quelques connaissances à l'ambassade, un passeport français, un costume pour ne pas faire touriste, un contrôle des invitations quelque peu laxiste et de l'assurance (l'assurance, c'est la clé des impostures réussies), et hop, me voila au discours de François Fillon, entouré d'officiers supérieurs, PDGs, et de diplomates.
Le discours était très consensuel : "bla bla bla, liens très forts entre les Emirats et la France.... bla bla... rayonnement culturel... bla... et ta soeur .... bla encore... exportation du savoir faire français reconnu à l'étranger et tout le tralala" (je vous fais la version courte, bien sûr).
Sur la photo, vous pouvez apercevoir François en plein discours, avec Valérie Pécresse à droite.
 
Après le discours, François est resté une vingtaine de minutes, puis est reparti sans avoir touché au buffet. D'après les observateurs de la délégation diplomatique, Chirac ne serait pas reparti d'une réunion comme ça sans avoir touché au buffet. De même que Borloo, qui, paraît-il, aime faire honneur aux buffets comme il se doit.
 
La question que vous vous posez tous : ai-je serré la main de François Fillon ? La réponse est non. Je me suis approché de lui, mais il aurait fallu faire preuve d'une grande patience pour lui serrer la main. Or, question buffets, je dois tenir d'avantage de Chirac que de Fillon. Alors entre, petits-fours, charcuterie et toasts au saumon, et serrer la main de notre indéboulonnable premier ministre, le choix était vite fait. Pour la prochaine fois, peut-être...
 

vendredi 11 mars 2011

En goguette avec Papa et Maman

Papa et Maman étaient aux Emirats arabes unis il y a une semaine. C'est en partie la raison pour laquelle ce blog est (encore une fois) resté en panne d'articles pendant un petit moment. 
 
En une semaine, nous avons eu le temps de passer une nuit dans le désert, dans les immenses dunes de sable rouge de Liwa, d'aller manger au Qasr al Sarab, l'immense hôtel au beau milieu du désert, de visiter les villes de Dubaï (avec son Burj Khalifa, le vieux Dubai, ses centres commerciaux démesurés...), Abu Dhabi (sa mosquée, l'Emirates Palace) et d'aller passer deux jours à Musandam voir les dauphins et les fjords omanais. (Prenez le temps d'aller voir les liens pour plus d'informations sur chacun des lieux cités)
Un programme qui permet d'avoir un aperçu suffisant des Emirats arabes unis, et de ce qu'est ma (dure) vie depuis que je suis ici.
 

pere mere
PS : certains articles sont déjà écrits et programmés, ce qui signifie que le blog sera alimenté plus régulièrement.