samedi 17 juillet 2010

Retour de vacances

Toutes les bonnes choses ont une fin (sauf le saucisson qui en a deux), et c'est l'heure de reprendre le boulot. Pas facile après deux semaines de repos complet.

 

Je suis donc revenu de Turquie hier. J'ai retrouvé Charlotte là-bas pour passer deux semaines entières, tranquille et sans le moindre soupçon de stress à l'horizon. En deux mots, la Turquie c'est fabuleux ; des paysages magnifiques, des régions chargées d'histoire et des gens vraiment accueillants.

 

Itinéraire turquie-copie-1

Je vous mets la carte du voyage qu'on a fait, avec :

A (sous le E mais on ne le voit pas) : Istanbul

B : Ephèse

C : Pamukkale et Hierapolis

D : La Cappadoce

E : retour à Istanbul

 

Je vous ferai un petit article avec des jolies photos sur chacune de ces destinations, et puis je recommencerai à parler des Emirats arabes unis.

 

Seul inconvénient de ce voyage, au niveau du timing ; je n'ai pas pu assister à la réception de l'ambassadeur pour le 14 juillet, où j'étais invité comme tous les Français résidant à l'étranger ; au programme, il y avait un banquet rempli de spécialités françaises, avec quelques autres réjouissances. L'année prochaine, je prendrai mes vacances à un autre moment pour ne pas louper ça... (Vous pouvez avoir un aperçu de ce que ça donne en regardant celle du Pérou, où mon frère ne l'a pas loupée !)

mercredi 14 juillet 2010

Diplomaties et économies du Golfe ; le GCC

GCC-LOGO.gifPour mieux comprendre les pays du Golfe, le mieux est de commencer par le Conseil de Coopération du Golfe (en anglais le Gulf Cooperation Council, soit GCC).
 
Le GCC (logo à droite) est une organisation qui regroupe 6 pays ; l'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, Barhain, le Qatar, le Koweït, et Oman. La partie qui reste en jaune dans la péninsule arabique est le Yémen, qui a un statut d'observateur au GCC.
 
Cette alliance n'est pas qu'économique ; elle est aussi militaire et diplomatique ; un peu comme l'Union Européenne, à la différence que le GCC n'a pas vocation à s'occuper de politique intérieure.
Le projet d'une monnaie commune dans les pays du GCC était même fortement engagé, et le système prévu était basé sur le système de l'euro. Malheureusement, la crise récente en Europe a complètement gelé ce projet, faisant apparaître les faiblesses d'une telle organisation.
 
Le GCC a été créé en 1981, sous l'impulsion de l'Arabie Saoudite, la principale puissance de la région, et avec le soutien actif des Etats-unis, qui sont depuis longtemps copains comme cochons (c'est le cas de le dire) avec l'Arabie. A l'époque, la guerre Iran-Irak faisait rage, et les envies guerrières de l'Iran inquiétaient fortement les pays du Golfe.
 
C'est donc un désir de stabilité (tant économique que politique) qui a poussé ces pays à s'unir, de la même manière qu'en Europe après la seconde guerre mondiale. Ils ont bien compris que la stabilité leur apporterait la prospérité, et que par dessus tout, il n'y a rien de pire qu'une guerre chez ses voisins. Et militer pour la paix dans la région, ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile.
 
Lorsqu'en 1990, l'Irak attaque le Koweit, le GCC se range immédiatement du côté des Américains pour libérer le Koweit, malgré le soutien apporté à l'Irak face à l'Iran 9 ans auparavant. C'est d'ailleurs le soutien du Yémen à l'Irak pendant la guerre du Golfe qui lui vaut encore aujourd'hui de ne pas faire partie du GCC.
Pendant la récente guerre en Irak, le GCC a encore une fois apporté son soutien aux Américains, bien que plus discret cette fois-ci, estimant que c'était le meilleur moyen (ou le moins pire) pour avoir une région en paix.
 
Aujourd'hui, le GCC milite pour un Moyen-Orient sans armes nucléaires (ils sont très actifs dans les négociations avec l'Iran), et en paix. Par rapport à Israël, et malgré des relations diplomatiques assez tendues avec l'état hébreu, le GCC est prêt à reconnaître Israël comme un état dans ses frontières de 1967, en échange de la reconnaissance par Israël de l'état Palestinien (c'est pas gagné).
Economiquement, ils ont mis en place une zone de libre échange des biens, et ont grandement facilité les échanges économiques entre eux.
 
En plus de son grand poids économique, principalement du au pétrole et au gaz, le GCC acquiert un poids diplomatique de plus en plus important, en raison de ses positions modérées et de sa grande stabilité dans une région très troublée.
 
C'est la fin de ce premier épisode, déjà très long, du feuilleton de l'été consacré au GCC : à suivre, la crise financière de Dubaï, le système de répartition des richesses aux Emirats, les relations entre les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite et bien d'autres...

samedi 10 juillet 2010

Mes petites entrées dans les hautes sphères

Le monde des Français expatriés aux Emirats arabes unis est un petit monde. Malgré le fait qu'il y en ait pas loin de 10000, on retombe rapidement sur les mêmes personnes.

 

L'autre effet de ce faible nombre, c'est que le nombre d'échelons qui nous séparent des milieux autorisés (des gens qui s'autorisent un paquet de choses), est très faible et rapidement franchi. Les ambassadeurs, PDG, conseillers du gouvernement, et diplomates sont beaucoup plus accesibles à l'étranger qu'en France. J'ai également beaucoup de chance, puisque mon patron m'envoie représenter EDF au French Business Group, et que ça me permet de rencontrer un tas de gens hauts placés, et d'assister à des conférences économiques passionnantes.


Ca me permet d'entendre énormément de "bruits de couloir" et de petites anecdotes sur des personnages publics. J'ai appris comme ça que Jacques Chirac était un ami personnel très proche de Sheikh Zayed (le fondateur du pays aujourd'hui décédé) et qu'ils formaient une sacré bande avec le Commandant Cousteau, dont Zayed finançait une bonne partie des expéditions (fou, non ?).

Celui qui donnait la dernière conférence à laquelle j'ai assisté appelait les ministres français par leur prénoms, (ça fait bizarre d'entendre parler de Jean-Louis, Christine, et Bernard) et partageait régulièrement la table de la plupart des ministres des pays du Golfe.

 

Quand je suis avec ces gens là, j'ouvre grand mes yeux et mes oreilles, et je suis aussi attentif qu'un gamin de cinq ans à qui son père explique comment fonctionne l'univers. Je découvre un monde complexe, fascinant et parfois un peu effrayant. Dans les prochains articles, je vais essayer de vous faire partager de ça, notamment sur l'économie de la région, qui est vraiment à part, et qui joue un rôle très important dans l'économie mondiale.

 

Ce sera donc le feuilleton de l'été : Diplomaties et économies du Golfe (je reconnais que c'est peut-être pas le titre le plus attractif que vous ayiez vu pour un feuilleton de l'été, mais je vous promets d'essayer de rendre ça intéressant !).

mardi 6 juillet 2010

Mariage aux Emirats

Les Emiratis sont vraiment très accueillants, j'ai encore eu l'occasion de le constater il y a deux semaines.
 
Tout commence à l'EDF Annual Day, une soirée qui rassemble tous les employés d'EDF aux Emirats (Dubaï, Al Aïn et Abu Dhabi) avec leur famille. C'est l'occasion de faire connaissance pour certains et surtout de renforcer le sentiment d'appartenance à cette grande famille qu'est EDF (c'est beau !).
 
hilton-ballroom.JPGLa soirée se déroulait dans la salle de bal de l'hôtel Hilton (en photo) ; buffet à volonté, ambiance sympa. La soirée se passe, et vient un évènement que l'on préfère oublier de nos jours : le match France - Mexique. Passé les premières minutes, et devant le spectacle désolant que l'on connaît, je me dis qu'il vaut mieux profiter d'être dans le Hilton et de visiter un peu l'hôtel.
Je laisse donc les spectateurs scotchés devant les bleus, et commence à visiter l'hôtel, accompagné d'une copine VIE à Véolia ("les collègues", depuis notre nouveau patron).
 
On n'avait pas fait beaucoup de chemin, quand un Emirati qui téléphonait dans un couloir nous fait de grands signes. En nous approchant, il nous dit que ce soir, c'est le mariage de son frère, et que comme c'est un moment de fête, alhamdoulillah, si ça nous dit, on peut participer. Ca nous dit, et on accepte.
Nous voila donc à un mariage Emirati. Enfin, une partie du mariage, car le mariage comporte de nombreuses étapes dans les pays arabes.
 
Ce soir là, c'était la fête entre hommes. On est donc entré dans une salle avec une centaine d'hommes en dishdash (et deux européens dans une foule d'émiratis en blanc, ça se repère assez vite), assis sur des chaises autour d'un immense tapis. Un homme passe dans les rangs nous servir du thé et des pâtisseries arabes (plutôt pas mauvaises), un groupe yéménite joue de la musique très rythmée et entraînante, et les Emiratis dansent sur le tapis.
La danse est une danse de couple, qui se danse donc à deux hommes. Les deux danseurs se mettent face à face, en se tenant la main ou pas, et enchaînent des séries de petits pas très légers et rapides, pieds nus sur le tapis. Le but est de bien regarder l'autre pour être synchro sur les changements de direction, les tours et les arrêts. La danse se marie parfaitement avec la musique, le tout faisant une chorégraphie très grâcieuse. Tous les hommes dansent, du plus vieux au plus jeune. J'ai même été invité à danser plusieurs fois, mais il m'a fallu un bon temps avant de comprendre la logique des petits pas.
 
Même s'il n'y avait que des hommes, la copine avec qui j'étais a été très bien acceptée, les Emiratis se devant d'accueillir tout le monde selon la tradition antique. Après avoir remercié notre hôte (Choukran, Je te passe mon numéro de téléphone, je travaille dans la police, si t'as un problème tu m'appelles, inch'allah, choukran, ma assalam, à la prochaine...) et félicité le marié (Mabrouk, choukran, tous mes voeux de bonheur...), nous sommes repartis chez nous.
 
Et les femmes ? La copine avec qui j'étais a du coup été invitée à la fête entre femmes, qui se tenait le lendemain. Je n'y étais pas (paraît-il que ça ne serait pas passé, allez savoir pourquoi), mais je vous raconte quand même d'après ce qu'elle m'en a dit.
On retrouve la même organisation, mais exclusivement féminine, les serveuses et les musiciennes sont des femmes et pas un homme à l'horizon. Elles ne portent pas l'abaya, mais des robes somptueuses très colorées, ambiance strass et paillettes, la mariée est en blanc. La danse est un peu différente de celle des hommes, mais tout aussi grâcieuse.
Vers la fin de la soirée, toutes les femmes remettent les voiles et les abayas, et le mari et son père font leur entrée. Là se passe quelque chose qu'il est difficile de comprendre sans parler arabe, puis tout le monde est content, se congratule, et c'est la fin de la soirée.
 
Grâce à l'hospitalité émiratie, j'ai pu découvrir comment se déroulait un mariage aux Emirats ; je pense que ça restera un moment fort de mon séjour ici, et encore une fois, une sacrée imposture de se retrouver là au milieu des locaux.

vendredi 2 juillet 2010

En vacances

Pour la première fois de ma vie, je vais tester un concept génial qui mériterait plus d'une statue à son inventeur, une invention dont la France peut à raison se gargariser, un monument de l'intelligence humaine à son paroxisme : les congés payés.

Etre payé à ne rien faire, si c'est pas le pied (on peut aussi être fonctionnaire pour ça, mais ceci est une autre histoire (un grand pardon à tous les fonctionnaires qui passeront sur ce blog, c'était trop tentant...)) !

 

Donc je pars ce soir pour deux semaines en Turquie, dont je reviendrai le 17 juillet.

 

L'activité du blog devrait baisser un chouïa, mais je vous ai quand même prévu quelques articles pendant mon absence (vous voila rassurés, vous pourrez continuer à venir lire votre blog préféré).