vendredi 11 juin 2010

Sex and the city 2 à Abu Dhabi ?

emirates palaceVous l'avez peut-être déjà vu, vous n'irez peut-être pas le voir, mais vous en avez sûrement entendu parler : le film Sex and the City 2 vient de sortir au cinéma.
Et cette fois-ci, les 4 amies partent vers une destination plus exotique que New York City : Abu Dhabi.
 
Et la question que tout le monde se pose : c'est vraiment comme ça Abu Dhabi ? Pas exactement...
 
Déjà, le film a été tourné au Maroc ; l'équipe de tournage n'a jamais mis les pieds aux Emirats. Apparemment, leur intention première était de le tourner à Dubaï, mais un film racontant les moeurs libertines de 4 américaines, et le mot "Sex" dans le titre du film n'ont pas vraiment plu à Dubaï (je reviendrai sur la censure et les "bonnes moeurs" aux Emirats). L'émirat d'Abu Dhabi aurait alors accepté d'accueillir l'équipe, d'où le fait que le film se passe à Abu Dhabi et pas à Dubaï, puis l'équipe de production a choisi le Maroc, craignant de ne pas pouvoir tourner le film comme ils l'entendaient.
 
Je n'ai pas vu le film (il est censuré aux Emirats ; ce genre d'histoire dérange un peu ici), mais je peux déjà affirmer qu'Abu Dhabi ne ressemble pas à ce qui est dans le film. On y montre des souks anciens, étroits, plein de poussière et de bruits des marchandages, avec 90% de locaux en dish dash et quelques touristes... C'était un peu vrai il y a 40 ans, mais aujourd'hui, ce genre de souk n'existe pas à Abu Dhabi ; les gens font leurs courses à Carrefour, et les locaux sont loin de faire 90% de la population (ils sont plus proches des 10%). Ils se déplacent en 4*4, et ce sont les Indiens et les Pakistanais qui marchent sur les trottoirs, dans des grandes rues bétonnées de 2 fois 4 voies, et non des petites ruelles poussièreuses... Nous Européens, on adore ce genre de petites rues, de vieux souks... mais ici, l'utile a pris le dessus, et les villes sont taillées à l'américaine.
Même l'Emirates Palace, très présent dans le film, ne ressemble pas à ça en vrai (ci-dessus, le vrai Emirates Palace).
En gros, le Abu Dhabi du film ressemble plus au Maroc qu'aux Emirats !
 
(Cela dit, je le téléchargerai peut-être pour en savoir un peu plus ; en plus, l'échange de fichier P2P, qui permet de télécharger des films, n'est pas interdit aux Emirats)

mercredi 9 juin 2010

Le débat sur le voile vu d'ici

Une fois n'est pas coutume, je vais aborder ici un sujet un peu plus délicat que les palais des sheikhs et la beauté du désert.


Apparemment, le débat sur le "voile" fait fureur en France. Alors que le sujet devient de plus en plus tabou, que les petits incidents se multiplient, que les médias se jettent sur ces faits divers avec autant de voracité que des vautours sur un dromadaire en train de mourir... il est intéressant de voir comment les choses se passent ici.


Du voile et du foulard

Ici, donc, 100% des femmes émiraties portent le "voile". Mais le terme "voile" (et à plus forte raison "voile islamique") est incorrect. La plupart portent le hijab, foulard qui couvre partiellement les cheveux et le cou, et d'autres portent le niqab, voile qui ne laisse paraître que les yeux.


Ce n'est pas un vêtement islamique, puisque rien dans le Coran ne précise quoi que ce soit sur ce point, mais un vêtement traditionnel arabe. Pour le hijab, qui a été interdit en France dans les écoles et les lycées, le terme de "foulard arabe" aurait donc été plus adapté (mais sans doute moins vendeur) que "voile islamique".


Comment ça se passe aux Emirats ?

Force est de constater ça se passe bien.

Voyons quels problèmes pose le hijab ; à part celui de montrer à tout le monde qu'une femme est musulmane (mais ici, du moment qu'elle Emiratie, elle est musulmane), aucun. Le hijab permet les contrôles d'identité, les femmes peuvent faire du sport avec, vivre normalement ...


Pour ce qui est du niqab, on peut difficilement contrôler l'identité de la personne. Ca pourrait poser problème dans les banques, ou lors d'un contrôle routier, ou plus généralement à chaque contrôle d'identité. Pour répondre à ça, les policiers s'assurent ici que ces femmes sont contrôlées par des femmes. Seule une femme (policier, banquière...) peut demander à une autre femme d'enlever son voile pour s'assurer de son identité. Et comme les femmes sont présentes dans toutes les administrations, ça ne pose globalement pas de problème.


Les Emiratis sont très tolérants vis-à-vis de nos coutumes ; les femmes européennes peuvent se balader en mini-jupe si elles le souhaitent, se mettre en bikini sur la plage sans que ça ne choque personne ; elles ne sont pas du tout obligées de porter ni voile, ni foulard.


Droits et libertés de la femme

Les femmes sont-elles libres de ne pas porter le hijab ou le niqab ? Difficile à dire, forcément. Et évidemment, les statistiques sur le sujet ne courent pas les rues.


Cependant, j'ai pu noter un indice qui donne une première piste de réponse. Quand les Emiratis viennent en France (et ils adorent venir en France), hommes comme femmes s'habillent à l'européenne. Et les maris n'obligent pas leur(s) femme(s) à porter un voile ou un foulard. Mais tout n'est pas noir ou blanc (à part les vêtements), et il est sûr qu'une femme qui ne porte pas le voile au quotidien devra encore affronter de nombreuses réticences de la part de sa famille et de la société, même si les mentalités évoluent peu à peu.


Pourquoi le portent-elles aux Emirats si elles ont le droit de ne pas le faire ? Parce qu'ici, les hommes aussi portent un couvre-chef (le keffieh), et que ça protège du soleil. Autre raison, le regard des hommes du sous-continent indien est souvent plus qu'insistant (je reparlerai de ça plus tard), et un hijab ou à plus forte raison un niqab, protège aussi de ce regard dérangeant.


Mais que disent les droits de l'homme ?

On en parle peu en France, mais la commission des droits de l'homme ne cesse de rappeler la France à l'ordre pour ses dérives sur le sujet et ses atteintes aux libertés fondamentales (de nombreux autres pays l'ont fait aussi, dont les Emirats, qui ont fait part de leur inquiétude). Je vous invite à lire ces articles de Human Right Watch sur l'interdiction du hijab dans les écoles, et celui sur le projet de loi sur la burqa. Ils sont assez alarmants, et leur point de vue n'est pas beaucoup relayé par les médias ; comme quoi la tolérance ne fait pas recette en termes d'audimat...

dimanche 6 juin 2010

Musandam : le film

Certains ont déjà peut être vu cette vidéo par d'autres biais ; il s'agit d'une petite compilation de mes précédentes aventures à Musandam.

Il y a en fait deux week-ends compilés dans la vidéo. Ca nous a tellement plu la première fois qu'on a décidé d'y retourner à peine un mois plus tard, avec un programme quasiment identique : dauphins, bateau, et cailloux.

 

jeudi 3 juin 2010

Du luxe pour le Luxembourg

Comme je l'ai dit dans le précédent article, les jardins de l'Emirates Palace sont normalement réservés aux résidents de l'hôtel. Cela dit, on lit partout qu'ils valent vraiment la peine, ne serait-ce que pour la plage privée de sable blanc, magnifique au couché de soleil.
 
(Et là, vous vous demandez, quel rapport avec le titre de l'article ? Patience...)
 
Ce jour-là, nous étions 5 VIEs, et pas un qui avait une chambre à l'hôtel. On s'est dit qu'on pouvait toujours tenter notre chance.
Malheureusement, arrivés devant la porte des jardins, le gardien la ferme devant nous avec un petit "Désolé, ces jardins sont réservés aux résidents". A croire qu'on avait pas l'air assez riches pour avoir une chambre à 15000 ? la nuit.
 
 
Heureusement, le destin aux bienveillantes intentions avait placé sur mon regard une petite affiche qui annonçait une conférence d'un diplomate luxembourgeois le matin même dans l'hôtel. Cette image ayant eu la bonne idée de me revenir à ce moment-là, j'ai répondu gardien : "Nous faisons partie de la délégation diplomatique du Luxembourg".

Il s'est immédiatement excusé et nous a ouvert la porte vers les jardins en s'inclinant respectueusement devant la puissance diplomatique et le charisme que nous dégagions (en fait de charisme, je pense qu'on était un peu tous surpris que ça ait marché, mais qu'il a quand même préféré faire l'erreur de nous laisser passer, plutôt que de faire l'erreur inverse et de se faire taper sur les doigts ; toujours est-il que ça a marché).
 
 
Du coup, on a pu profiter d'un coucher de soleil magnifique dans des jardins à la végétation luxuriante et sur une plage de sable blanc où les chameaux se baladaient tranquillement (pour amuser les touristes).
Après ma soirée avec le conseiller de Sheikh Mohammed et la tribune présidentielle du polo, je pense que je vais aussi finir par me faire appeler l'imposteur aux Emirats...
emirates-palace-chameau.JPG

mardi 1 juin 2010

Emirates Palace

emirates-palace.JPGL'Emirates Palace est un hôtel situé sur la Corniche d'Abu Dhabi. Accessoirement c'est l'un des hôtels les plus luxueux du monde.
 
Construit parce que Dubaï n'avait à l'époque rien de pareil, l'Emirates Palace aura coûté la bagatelle de 1,5 milliards d'euros.
 
Quelques chiffres pour se rendre compte de l'étendue de l'hôtel. L'Emirates palace, c'est :
- 1 kilomètre de l'aile Ouest à l'aile Est
- 2000 employés permanents
- 33 cuisines
- 400 chambres et suites
- 8000 palmiers plantés dans le parc de l'hôtel
- 1000 lustres Swarovski
 
coupole-emirates-palace.JPGCôté prix, la suite la plus chère est la suite présidentielle : 15000 ? la nuit pour une suite de 1200 m² (vous avez bien lu, il n'y a pas d'erreur dans les zéro).
 
Dans le parc, une plage privée permet aux clients de se détendre après leurs (sans-doute rudes) journées.
 
A l'intérieur, c'est assez doré et tape-à-l'oeil. On trouve même un distributeur de lingots d'or en souvenirs. Rassurez-vous, ce ne sont que des petits lingots.

Une partie de l'hôtel est ouverte au public, et abrite même des expositions gratuites, sur les projets en cours à Abu Dhabi (qui envoient du pâté, soit-dit en passant), d'autres qui changent régulièrement.
Le jour où j'y suis allé, l'expo était sur la broderie islamique ; très joli.
 
plage-emirates-palace.JPGLes restaurants et les bars à l'intérieur ne sont pas donnés (le seul truc abordable est le croissant au beurre à 4?), qui proposent du caviar pour des prix aussi démesurés que les dimensions de l'hôtel.
 
Intéressant de visiter ça, même si c'est un brin au-dessus de mes moyens.
 
En photo, vous avez l'hôtel vu de la plage, la coupole centrale vue d'en-dessous, et le resto de la plage privée.
D'ailleurs, je vous expliquerai dans le prochain article comment j'ai pu accéder à la plage privée alors que je n'aurais pas du...