mercredi 12 mai 2010

Langues aux Emirats

Calligraphie-arabe.jpgQuelle langue parle-t-on aux Emirats ?

On pourrait résumer ça en une phrase : la langue officielle est l'arabe, la langue la plus parlée est l'ourdou, et tout le monde parle anglais.

 

L'arabe :

C'est la langue historique des Emirats. C'est la langue maternelle des Emiratis, la langue sainte de l'Islam, donc la langue officielle des Emirats arabes unis. Tous les panneaux sont en arabe (sous-titré anglais), et la majeure partie des médias sont en arabe.

 

L'anglais :

Quand il y a autant de nationalités différentes dans un même pays, on est bien obligé de choisir une langue commune pour se comprendre. Le fait d'être un ancien protectorat britannique aidant, tout le monde (à quelques très rares exceptions près, notamment dans les campagnes) parle anglais.
Tous les panneaux et les documents officiels sont doublés en anglais, et on trouve un très grand nombre de journaux, radios, télévisions en anglais. Quand on décroche au téléphone, qu'on fait une réunion,  une conférence, ou qu'on s'adresse à quelqu'un dans la rue, la langue utilisée sera presque invariablement l'anglais.

 

L'ourdou :

L'ourdou est la langue officielle du Pakistan, et une des langues officielles de l'Inde. Elle est parlée par tous les Indiens et les Pakistanais musulmans (les Indiens hindous parlant hindi). Comme ceux-ci représentent la majeure partie de la population, elle est de facto la langue la plus parlée aux Emirats.

 

Les autres :

Forcément, chaque population a sa langue maternelle et la parle avec ses compatriotes. On entend donc régulièrement du Tagalog (Philippines), de l'Indonésien, du Bengali ... Un joli brassage !

mardi 11 mai 2010

Débuts à Dubaï

burj khalifaVoila déjà plus d'une semaine, je suis allé visiter Dubaï.
Dubaï n'est pas la capitale des Emirats (c'est Abu Dhabi), mais c'est certainement la ville dont on parle le plus.
En effet, comme Abu Dhabi a du pétrole, ils ont construit une ville pratique et adaptée à leurs besoins, sans démesure. Mais Dubaï n'a pas de pétrole, et, comme ils veulent quand même exister et ne pas rester dans l'ombre de leur rival (Abu Dhabi), il fallait faire parler de soi. C'est ce qu'ils ont fait...
 
Pour ma première journée à Dubaï, j'ai fait le touriste parfait, en visitant tous les lieux dont vous avez certainement déjà entendu parler dans les médias.
 
    aquarium
  • La Burj Khalifa ; c'est la plus haute construction jamais réalisée par l'homme (et de loin). Avec ses 828 mètres de haut et ses 162 étages, elle ridiculise par sa taille toutes les autres constructions. Techniquement, c'est fabuleux, et c'est vrai qu'on se sent tout petit lorsqu'on est au pied. Sur la photo, j'étais un peu près, et du coup, ça écrase un peu. Je ferai un article sur cette tour quand je serai monté tout en haut, parce qu'il y a pas mal de choses à raconter dessus.
 
  • Les malls (centre commerciaux) : ceux les plus connus sont le Dubaï Mall et le Mall of Emirates. Vous avez certainement déjà entendu parler de la piste de ski, située dans le mall of Emirates, et très médiatisée. Ces centres commerciaux sont immenses, on y trouve toutes les grandes marques mondiales, des restaurants, des aquariums gigantesques (sur la photo, la plus grande votre d'aquarium au monde ; comme quoi on trouve les records qu'on peut), des librairies immenses, mais les prix sont assez élevés (normal !).
 
  • La vieille ville, et notamment le souk aux épices. J'ai trouvé ça très touristique dans le mauvais sens du terme, parce qu'aujourd'hui, les gens vont acheter leurs épices dans les supermarchés, et que le souk ne reste que pour vendre des trucs au touristes. D'où une ambiance faussement typique et des prix trop élevés.
 
    quais dubai
  • Les quais de la Dubai Creek, très agréables au coucher du soleil, et où les bateaux se chargent de marchandises pour partir les vendre à l'Iran voisin. Il est très intéressant de voir que toutes les sanctions commerciales actuelles contre l'Iran sont une énorme hypocrisie. En effet, les marchandises (électroménager, voitures, chaînes Hi-fi, écran plats ...) sont vendues par les pays occidentaux aux Emirats, qui les revendent immédiatement à l'Iran (sur la photo : un bateau chargé de machines à laver et de voitures s'apprête à partir). Pensez-y la prochaine fois que vous entendrez les politiques demander de nouvelles sanctions contre l'Iran : beaucoup de communication pour dorer son blason, mais il s'agit pas de toucher au business !
 
  • The Palm Jumeira, le gigantesque palmier en île artificielle (le seul actuellement ouvert à Dubaï), qui abrite un très luxueux hôtel et des résidences de luxe. On a fini la journée à Dubaï par la Full moon beach party sur une des plages de ce palmier, transformée en boîte de nuit pour l'occasion. D'ailleurs, j'ai une petite anecdote à ce sujet, où j'ai fait l'imposteur et que je vous raconterai dans un prochain article ...
 
Voilà pour la première journée à Dubai. Il m'a quand même manqué la visite du Burj Al Arab, cet hôtel en forme de voilier, réputé être l'hôtel le plus cher du monde. La prochaine fois, j'essaierai d'aller tout en haut de la Burj Khalifa pour vous montrer la vue !

dimanche 9 mai 2010

Le melting pot des Emirats

Si on reprend le fil de l'histoire, on peut voir qu'à un moment donné, les Emiratis se sont retrouvés avec beaucoup de sous et tout à construire.
Il n'avaient pas forcément le savoir-faire pour faire des maisons, des immeubles, des routes et des centrales, ils n'avaient pas non plus les matériaux, donc ils ont fait appel aux étrangers.
famille
En premier lieu, les anglais, qui étaient déjà là puisque c'était un protectorat britannique, sont restés et en ont profité pour faire des affaires sur place. Bien sûr, les entreprises européennes ont rapidement été intéressées, ainsi que les entreprises des pays voisins ; Egypte, Liban, Syrie principalement.
Mais surtout, un tel développement nécessite d'énormes besoins en main d'oeuvre. Comme les européens n'ont pas envie de s'expatrier pour pousser des brouettes sur les chantiers, ramasser les poubelles ou faire le ménage, que les Emiratis ne rêvaient pas de ça non plus, il fallait trouver autre chose. Coup de chance, le Pakistan et l'Inde disposent d'une quantité impressionnante de main d'oeuvre, et qui ne trouve pas toujours du boulot dans son pays d'origine.
 
Comme les Emirats sont un pays musulman, ce sont surtout les musulmans qui sont venus. Les Indiens et les Pakistanais, bien sûr, mais aussi les Indonésiens (l'Indonésie est le plus grand pays musulman au monde), et les Philippins.
 
Plus récemment, ce sont les chinois qui commencent à venir, attirés par le développement économique important (environ 12% de croissance par an) des Emirats.
 
Si on résume, on trouve aux Emirats:
- une grosse majorité (plus de 50 %) d'Indiens, Pakistanais, Sri Lankais et Bangladeshi
- une part importante d'Asiatiques (principalement Philippins et Indonésiens)
- une forte minorité des pays arabes (surtout Egypte, Syrie et Liban)
- une forte minorité d'Européens (majoritairement des Anglais, et pas mal d'Allemands, Italiens, Espagnols, Roumains, et Français)
- des Australiens (difficilement classables dans une catégorie, mais finalement relativement présents ici)
- et des Chinois, qui font leur arrivée dans le pays.
 
Pour le reste, on voit peu d'Etats-Uniens, peu de Sud-Américains, et très peu d'Africains (à l'exception des Egyptiens, bien sûr, plus quelques Soudanais et Ethiopiens, qui sont aussi des pays musulmans).
 
Et les Emiratis dans tout ça ? Ils ne représentent aujourd'hui qu'entre 10% et 15% de la population (moins de 10% selon certaines estimations). Alors forcément, ça pose pas mal de questions, notamment d'identité nationale, de contrôle du pays, de culture... Et c'est intéressant de voir que sur certaines de ces questions, on a beaucoup à apprendre d'eux !
(En photo, vous avez la "famille type" moderne des Emirats. Je reviendrai sur l'aspect famille, notamment pour parler de la place de la femme, de l'habillement, et du recul de la natalité aux Emirats)

jeudi 6 mai 2010

Un petit tour des slogans

EDF_LogoTag_RGB72_104_web_E.gifUne fois n'est pas coutume, je ne vais pas vous parler des Emirats. Mais maintenant que je suis chez EDF, j'en profiterai pour vous faire un peu découvrir le monde des grosses entreprises de l'énergie. En avant-goût, un petit aperçu des slogans.
 
Il y a quelques années, avec la hausse des préoccupations environnementales, toutes les boîtes dans l'énergie se sont mises à adopter des slogans qui faisaient écolos :
- Total : Pour vous, notre énergie est inépuisable (ce qui reflète tout à fait la problématique du pétrole)
- GDF : Une énergie durable entre nous
- Areva : L'énergie au sens propre.
- EDF, de son côté, adoptait un slogan plus large et abandonnait son "Quand votre monde s'éclaire" pour un "L'avenir est un choix de tous les jours", beaucoup plus conceptuel ...
eolien.JPG
 
Pour ce qui est de jouer sur les mots pour faire croire que l'environnement est la première préoccupation de la boîte, on avait là des professionnels.
 
Pas de chance, l'ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) est passée par là, et a épinglé les 3 concurrents (Total, GDF, et Areva), en leur faisant remarquer que leur slogan était limite mensonger.
 
Bref, ils ont fait le ménage, et du coup, les slogans ont légèrement changé :
- GDF a remplacé le sien par "Une énergie nouvelle entre nous"
- Areva a changé du tout au tout pour "L'énergie est notre avenir, économisons là."
- Total a préféré "Notre énergie est votre énergie"
- Et EDF a changé quand même pour un "Leading the energy change", traduit en français par "Changeons l'énergie ensemble".
 
En gros, plein de jolis mots, de promesses d'économie d'énergie et de renouvellement pour des entreprises qui veulent quand même vendre plus d'énergie, du pétrole et du nucléaire, et qui mettent des éoliennes et des panneaux solaires plein leurs affiches.
 
Mais ne noircissons pas le tableau non plus. Il y a quand même de vrais efforts qui sont faits. Par exemple (et j'en profite au passage pour faire une petite page de pub), début 2010, EDF-Energies nouvelles avait installé dans le monde plus de 2650 MW rien qu'en éoliennes, soit l'équivalent de 3 réacteurs nucléaires. Pas de quoi sauver le monde, mais encourageant quand même.

lundi 3 mai 2010

Le désert en entrée, le barbecue en dessert

44désertIl y a une semaine, j'ai découvert le plus grand attrait des émirats ; le désert.
Pas les quelques dunes dans lesquelles on était allé faire du quad, mais le vrai désert.
 
Ce sont deux collègues français du boulot qui m'ont proposé, Patrice et Lionel. Pour info, le seul autre français d'EDF à Abu Dhabi, c'est mon patron. Comme ils ont des 4*4, indispensables pour aller dans le désert, ils vont régulièrement naviguer dans les dunes.
On est donc partis avec des amis à eux, à l'aube, à l'heure où blanchit la campagne (en fait, à 15h, parce qu'avant il fait trop chaud).
 
Le principe, c'est de franchir les dunes de sable en 4*4. C'est pas facile, parce que les dunes sont vraiment pentues, et on a vite fait de se retrouver ensablés. Et sortir un mastodonte de 2 tonnes d'une cuvette de sable bien mou, ça demande de l'énergie. Et puis, il vaut mieux éviter de le retourner aussi.
Malgré tout on peut quand même gravir et descendre des dunes impressionnantes en faisant rugir le moteur ; ça secoue et c'est très amusant. Parfois on sort les pêles et les tapis et on creuse un peu pour se sortir d'un petit trou, mais ça fait partie du jeu.
 
pas désertAprès s'être bien amusés dans le désert, on trouve une dune sympa, on sort le barbecue, les lampes à gaz, les côtes de porc et la bouteille de rosé (eh oui, aux Emirats, on trouve du cochon et du rosé), et on s'installe entre amis pour déguster la côte de porc de l'amitié.

Et c'est à ce moment là que l'on découvre vraiment le désert.
Prenez quelques instants pour vous imaginer la scène :
Il fait nuit. Il fait environ 28°C, vous n'avez donc ni chaud ni froid, vous êtes juste bien. Vous faites quelques pas pour vous éloigner du crépitement du barbecue. Vos pieds nus effleurent le sable fin, qui répond par une douce caresse. Il est tellement fin qu'on le croirait liquide. Le sable est tiède, presque frais, mais si vous le remuez un peu, la chaleur emmagasinée pendant la journée refait surface.
Vous avez fait une trentaine de pas. La lune projette votre ombre qui se découpe nettement sur la dune d'en face. Vous cessez de marcher, pour vous rendre compte qu'il n'y a rien. Aucun bruit, aucun mouvement. Pas de bruit de vent, il n'y en a pas. Pas de bruit de voitures, de klaxons, d'avions, pas même le bruit d'un piaf qui sifflote, d'une rivière qui coule, vous êtes à des dizaines de kilomètre de toute âme qui vive (enfin pas exactement ; le désert grouille en fait de vie. Plein de petits insectes qui sortent d'on ne sait où à la tombée du jour). Comme un film dont on aurait coupé le son. Juste aucun bruit. Comme la neige, le sable absorbe le bruit.
A ce moment là, on se sent tout petit.
 
des-bisous.JPGJe pense que le désert peut exercer la même fascination que la montagne ou l'océan pour certains. Celle d'un élément naturel dont les dimensions et la force dépasse de loin notre petite nature.
 
Ensuite, fin du romantisme, vous retournez au barbecue vous remplir la panse de bonne viandasse et de fromage. Et puis vous vous rendez compte que le sable fin c'est bien joli, mais que du coup, ça rentre partout. Vraiment, vraiment partout. Même dans des endroits que vous n'auriez pas imaginé.
Du coup on ramène un petit peu de désert avec soi quand on rentre.
 
En bonus, les habitants du désert vous font des gros bisous !